dimanche 21 février 2010

Avatar

de James Cameron, avec Sam Worthington, Sigourney Weaver, Zoe Saldana (2h40).
Voyage au pays de Pandora, chez les Na'vis...

Avatar, c'est du lourd !
Imaginé il y a 15 ans par le réalisateur de Titanic, le projet ne disposait pas à l'époque des moyens techniques nécessaires à sa réalisation. C'est en voyant les effets spéciaux du Seigneur des Anneaux que James Cameron a décidé de relancer le projet.

300 milliards de budget pour 2 années de réalisation, le film affiche un générique affolant, auquel figurent des pointures de la technique cinématographique : James Horner à la composition (Le Masque de Zorro, Titanic, Braveheart), sans compter les multiples équipes de techniciens des effets spéciaux parmi lesquelles Rob Legato (superviseur des effets spéciaux dans Titanic), les studios d'Industrial Light and Magic (ILM) et les ateliers de feu Stan Winston (Predator, Aliens, Jurassik park). On compte même quelques français dans la liste : Adrien "CaYuS" Toupet et Guillaume Fradin pour Framestore.

On est vraiment dans la grosse machine hollywoodienne ! Pour autant, je ne suis pas rentrée dans le film restant coincée derrière mes lourdes lunettes à regarder Pandora, cet univers grandiose, desservi par un scénario très léger et des personnages caricaturaux. Qui plus est, j'ai eu l'impression de revoir la Forêt d'émeraude de John Boorman, en moins réaliste !

Reste la découverte d'un jeune acteur, Sam Worthington, et l'inventivité visuelle de James Cameron qui n'est pas à négliger. On attend avec impatiente un film en 3D qui soit plus qu'une prouesse technologique utilisée pour créer de nouveaux mondes.

samedi 20 février 2010

Propriété interdite (1966)

de Sydney Pollack, avec Natalie Wood, Robert Redford et Charles Bronson (1h50).

Dans l'Amérique en crise des années 1930, Owen Legate arrive par le train dans une petite ville du Mississipi : Dodson. Il s'installe à l'auberge dirigée par Madame Starr. Sa fille Alva est l'attraction des lieux et Owen n'est pas indifférent à son charme.

J'ai récemment découvert sur petit écran ce film de Sydney Pollack qui est l'adaptation d'une pièce en un acte de Tennessee Williams. On y retrouve d'ailleurs l'ambiance des pièces du dramaturge, peuplées de personnages ambigus ou à la dérive.

Natalie Wood est parfaite dans le rôle de la jeune Alva, fille perdue à moitié prostituée par sa mère. Robert Redford, qui signe ici sa première collaboration avec Sydney Pollack, est très convaincant dans le rôle d'Owen Legate, personnage mystérieux et ambigu dont on ne comprend pas tout de suite les intentions.

La lumière signée par James Wong Howe (2 oscars à son actif) et les costumes d'Edith Head mettent magnifiquement en valeur les acteurs, notamment la beauté et le charme de Natalie Wood.

A noter l'intervention du jeune Francis Coppola sur le scénario avec Tennessee Williams himself. Un film à découvrir !

lundi 28 décembre 2009

Vincere

de Marco Bellochio, avec Giovanna Mezzogiorno et Filippo Timi (1h58).

Ida Dasler rencontre Mussolini pour la première fois à Trente en 1907. Elle est subjuguée par le charisme du jeune homme. Lorsqu'ils se retrouvent 6 ans plus tard à Milan débute entre eux une liaison charnelle et exclusive. Ida est prête à tout pour satisfaire les ambitions de son amant. Elle vend tous ses biens et lui donne son argent afin qu'il puisse fonder son journal : "Il Popolo d'Italia". En 1915 naît de cette liaison un enfant : Benito Albino. Si dans un premier temps Mussolini reconnaît ce fils illégitime, il n'aura de cesse de cacher cette "honte" dès qu'il aura atteint les ors du pouvoir...

Marco Bellocchio a découvert cet épisode méconnu de la vie du Duce en regardant un documentaire télévisé. Il est vrai que ces faits ont été peu médiatisés. Le réalisateur a d'emblée été intéressé par le personnage d'Ida Dasler, mère courage décidée à faire reconnaître la vérité sur sa relation avec Mussolini et le fait qu'il est le père de son enfant.

C'est d'ailleurs ce qui fait l'intérêt du film : ce glissement progressif de la personnalité de Mussolini vers celle d'Ida Dasler. Il est tout à fait intéressant et significatif de constater que l'acteur Filippo Timi qui interprète le Duce disparaît littéralement du film comme il s'efface de la vie d'Ida Dasler, faisant place à des images d'archives de l'homme politique.

Giovanna Mezzogiorno est très convaincante dans le rôle d'Ida Dasler, internée pour ne pas déranger, qui ne cesse de crier la vérité au monde. Elle mourra en hôpital psychiatrique, comme son fils.

lundi 7 décembre 2009

Ciné-Tic dans Zappez plus net


Connaissez-vous "Zappez plus net" ? Cette émission diffusée par France 3 Bourgogne/ Franche-Comté fait la part belle au web.

Elle est consacrée aux bourguignons et franc-comtois (comme moi) qui animent un blog ou un site internet. Et mon blog Ciné-Tic est passé dans l'édition du 28 novembre dernier.

En allant sur le site de l'émission, vous saurez pourquoi j'ai intitulé ce blog "le blog des cinéphiles en mouvement" et comment je conçois mes critiques.

Un seul objectif à tout cela : inciter les spectateurs à se rendre dans les salles obscures.

Alors bonne séance !

mercredi 25 novembre 2009

Le ruban Blanc

de Michael Haneke, avec Christian Fiedel et Ulrich Tukur (2h25).

A la veille de la première guerre mondiale dans un village protestant d'Allemagne du nord. Des événements étranges prennent l'allure d'une croisade punitive. Qui se cache derrière tout ça ?

Une fois de plus Michael Haneke se penche sur les mécanismes de la violence. Mais contrairement à ce qui apparaissait dans son avant-dernier film, "Funny games US", la violence du ruban blanc est plus sournoise, plus feutrée. Les exactions ont lieu à visage couvert, dans une société où l'on étouffe le mécontentement. Où l'on punit les enfants à l'abri des regards réprobateurs.

Une fois de plus, derrière la froideur et la distanciation des images, d'un noir et blanc irréprochable, on saisit la critique du cinéaste, obsédé par la responsabilité de l'éducation dans la formation de la violence.

Le film est riche, dense. Et l'on n'est pas surpris qu'il ait obtenu la Palme d'Or du dernier festival de Cannes, tant sa mise en scène est maîtrisée. A noter la participation au scénario de Jean-Claude Carrière, le grand scénariste français, en tant que consultant.