lundi 23 mars 2009

Slumdog millionnaire


de Danny Boyle, avec Dev Patel (2h).

Littéralement, le titre du film signifie : le "chien des bidonvilles" millionnaire. La question est en effet de savoir comment un jeune issu des bidonvilles de Bombay réussit à répondre aux énigmes de l'émission "Qui veut gagner des millions ?".

Adapté d'un roman indien de Vikas Swarup (Q&A), le film de Danny Boyle répond assez habilement à la question par un jeu de flash-backs.
On se laisse prendre à l'histoire assez extraordinaire du jeune Jamal Malik, rescapé de toutes sortes de barbaries pouvant être pratiquées dans la jungle d'un bidonville comme celui de Bombay, et candidat à un jeu télévisé ultra-populaire.

Les images sont déroutantes, parfois granuleuses, comme pour donner une impression de "pris sur le vif". La mise en scène est très "voyante", voire provoquante, comme Danny Boyle l'avait déjà fait dans Trainspotting. L'histoire est très "holly-bollywoodienne".

Pourtant, ça fonctionne très bien et on éprouve du plaisir. Que demander de plus. Oscars du meilleur film, du meilleur réalisateur et de la meilleure adaptation de l'année.

Le petit fugitif (1953)


de Morris Engel, Ruth Orkin et Ray Ashley (1h20).

Agé de 7 ans, Joey vit dans l'admiration de son grand frère Lenny. Tous deux sont élevés dans le quartier de Brooklyn par leur mère. Cette dernière doit se rendre chez sa mère et confie la garde de Joey à son grand frère. Pour s'en débarrasser, Lennie fait mine d'avoir été tué par une balle perdue tirée par son frère. Effrayé, celui-ci prend la fuite et se retrouve à Coney Island où il va apprendre l'autonomie.

Lion d'argent à la Mostra de Venise en 1953, ex-aequo avec Les contes de la lune vague après la pluie de K. Mizoguchi, Les Vitelloni de F. Fellini et Moulin Rouge de J. Renoir, Le petit fugitif est un pur chef d'oeuvre visuel réalisé par 3 grands noms de la photographie américaine.

Au delà de cette beauté formelle, le film témoigne également d'une grande tendresse pour le personnage de Joey, magistralement interprété par le jeune Richie Andrusco.
On passe un très bon moment, à la fête foraine comme à la plage. A voir absolument, en copie neuve.

lundi 2 mars 2009

Gran Torino


de Clint Eastwood, avec Clint Eastwood et Bee Vang (1h55).

Le film commence par un enterrement : celui de l'épouse de Walt Kowalski (Clint himself). Ses deux fils se demandent alors ce qu'ils vont faire de leur père, vétéran de Corée un tant soit peu grognon et misanthrope. Une nuit, ce dernier est dérangé par son jeune voisin qui tente de lui voler sa voiture...

Difficile de résumer un film aussi riche que le dernier opus du grand Clint, évoquant à la fois les relations familiales et la cohabitation entre communautés d'origines différentes, la vieillesse et l'incompréhension.

Ce que j'aime chez Clint Eastwood, c'est qu'il réussit toujours à faire des films en apparence populaires et finalement beaucoup plus profonds qu'ils n'y paraissent.

Les grognements de son personnage sont, il est vrai, un peu caricaturaux, au premier degré, mais tellement symboliques de la frustration qu'il éprouve vis à vis de ses voisins et de sa famille. Sans doute faut-il voir au-delà des apparences et ne pas s'arrêter à la surface, à la carapace. Tout est question d'ouverture et de compréhension.

Bien compris, Mister Eastwood !

jeudi 26 février 2009

Espions


de Nicolas Saada, avec Guillaume Canet, Géraldine Pailhas, Hippolyte Girardot, Stephen Rea (1h39).

Vincent (Guillaume Canet) a fait de brillantes études, mais ne souhaitant pas "se fixer", il vit de petits boulots. Bagagiste à l'aéroport de Roissy, il vole occasionnellement dans les valises, avec la complicité de son collègue, Gérard. Un jour, malgré les consignes, ils ouvrent une valise de diplomate. Celle-ci explose. Son collègue est tué et il se retrouve mêlé malgré lui à une affaire d'espionnage qui place sur sa route la belle épouse (Géraldine Pailhas) d'un chef d'entreprise de l'industrie pharmaceutique travaillant en Syrie.

Premier long métrage de Nicolas Saada, ancien critique aux Cahiers du Cinéma, passionné de cinéma américain. On trouve dans son film la tension psychologique du cinéma d'outre-atlantique. De plus, sa mise en scène sait maintenir le suspense dans les moments clés du film (le diner chez l'industriel, la scène de l'aéroport).

Guillaume Canet est très juste dans son rôle de jeune homme intelligent mais têtu tandis que Géraldine Pailhas, très classe, exprime avec finesse la solitude d'une femme de chef d'industrie international.

mardi 24 février 2009

L'étrange histoire de Benjamin Button


de David Fincher, avec Brad Pitt et Cate Blanchett (2h35).

Naître avec la physiologie d'un homme de 80 ans, ce n'est effectivement pas commun. Et pourtant, c'est bien l'histoire de Benjamin, né dans une bonne famille de la Nouvelle Orléans et aussitôt abandonné par son père, effrayé par la différence.

Mais Benjamin est né sous une bonne étoile et trouve refuge... dans une maison de retraite. Que pouvait-il espérer de mieux que de se retrouver parmi ses pairs, d'apparence tout au moins. Parce que sous ses airs de vieillard, ce n'est qu'un enfant.

Adapté d'une nouvelle de Francis Scott Fitzgerald, le film nous mène sur les traces de cet homme né vieillard qui rajeunit avec le temps et croise sur son chemin des individus hors norme qui le font grandir en même temps qu'il rajeunit.

Malheureusement, David Fincher n'aborde que peu la difficulté de la différence et le fait de vivre à contre-courant. Cette nouvelle était-elle faite pour le cinéma ? Comment montrer un bébé vieillard sans friser le ridicule ? Ce sont les questions que l'on peut se poser après avoir vu le film et en attendant de lire la nouvelle.

Les maquillages sont remarquables.