lundi 28 décembre 2009

Vincere

de Marco Bellochio, avec Giovanna Mezzogiorno et Filippo Timi (1h58).

Ida Dasler rencontre Mussolini pour la première fois à Trente en 1907. Elle est subjuguée par le charisme du jeune homme. Lorsqu'ils se retrouvent 6 ans plus tard à Milan débute entre eux une liaison charnelle et exclusive. Ida est prête à tout pour satisfaire les ambitions de son amant. Elle vend tous ses biens et lui donne son argent afin qu'il puisse fonder son journal : "Il Popolo d'Italia". En 1915 naît de cette liaison un enfant : Benito Albino. Si dans un premier temps Mussolini reconnaît ce fils illégitime, il n'aura de cesse de cacher cette "honte" dès qu'il aura atteint les ors du pouvoir...

Marco Bellocchio a découvert cet épisode méconnu de la vie du Duce en regardant un documentaire télévisé. Il est vrai que ces faits ont été peu médiatisés. Le réalisateur a d'emblée été intéressé par le personnage d'Ida Dasler, mère courage décidée à faire reconnaître la vérité sur sa relation avec Mussolini et le fait qu'il est le père de son enfant.

C'est d'ailleurs ce qui fait l'intérêt du film : ce glissement progressif de la personnalité de Mussolini vers celle d'Ida Dasler. Il est tout à fait intéressant et significatif de constater que l'acteur Filippo Timi qui interprète le Duce disparaît littéralement du film comme il s'efface de la vie d'Ida Dasler, faisant place à des images d'archives de l'homme politique.

Giovanna Mezzogiorno est très convaincante dans le rôle d'Ida Dasler, internée pour ne pas déranger, qui ne cesse de crier la vérité au monde. Elle mourra en hôpital psychiatrique, comme son fils.

lundi 7 décembre 2009

Ciné-Tic dans Zappez plus net


Connaissez-vous "Zappez plus net" ? Cette émission diffusée par France 3 Bourgogne/ Franche-Comté fait la part belle au web.

Elle est consacrée aux bourguignons et franc-comtois (comme moi) qui animent un blog ou un site internet. Et mon blog Ciné-Tic est passé dans l'édition du 28 novembre dernier.

En allant sur le site de l'émission, vous saurez pourquoi j'ai intitulé ce blog "le blog des cinéphiles en mouvement" et comment je conçois mes critiques.

Un seul objectif à tout cela : inciter les spectateurs à se rendre dans les salles obscures.

Alors bonne séance !

mercredi 25 novembre 2009

Le ruban Blanc

de Michael Haneke, avec Christian Fiedel et Ulrich Tukur (2h25).

A la veille de la première guerre mondiale dans un village protestant d'Allemagne du nord. Des événements étranges prennent l'allure d'une croisade punitive. Qui se cache derrière tout ça ?

Une fois de plus Michael Haneke se penche sur les mécanismes de la violence. Mais contrairement à ce qui apparaissait dans son avant-dernier film, "Funny games US", la violence du ruban blanc est plus sournoise, plus feutrée. Les exactions ont lieu à visage couvert, dans une société où l'on étouffe le mécontentement. Où l'on punit les enfants à l'abri des regards réprobateurs.

Une fois de plus, derrière la froideur et la distanciation des images, d'un noir et blanc irréprochable, on saisit la critique du cinéaste, obsédé par la responsabilité de l'éducation dans la formation de la violence.

Le film est riche, dense. Et l'on n'est pas surpris qu'il ait obtenu la Palme d'Or du dernier festival de Cannes, tant sa mise en scène est maîtrisée. A noter la participation au scénario de Jean-Claude Carrière, le grand scénariste français, en tant que consultant.

mardi 27 octobre 2009

Tabou (1931)

de Friedrich Wilhelm Murnau et Robert Flaherty (1h24).

Quand le réalisateur allemand le plus doué de sa génération s'associe au plus grand documentariste anglais de son époque, ça donne Tabou.

Tabou est l'histoire d'un amour pur et simple contrarié par le destin et les croyances tribales. Matahi, jeune pêcheur de l'île de Bora-Bora est amoureux de la belle Reri. Mais le chef de la tribu décide de la vouer aux Dieux...

Le film est d'une beauté ahurissante dans sa description de la vie idyllique des îles polynésiennes. Associée à la dramaturgie d'un amour impossible, cette beauté paradisiaque prend des airs de paradoxe et nous plonge dans la noirceur de l'humanité.

Le film a été projeté à l'Auditorium de Lyon le 15 octobre 2009 dans le cadre du festival Lumière 2009. J'ai ainsi pu le découvrir comme il était diffusé au moment de sa sortie : accompagné en direct.

C'est le chef d'orchestre Timothy Brock, grand amateur et restaurateur des partitions de Chaplin, qui a conduit l'orchestre de Lyon. La partition écrite par Violeta Dinescu (compositrice roumaine) a très bien su illustrer le drame qui se jouait sous nos yeux, notamment grâce aux percussions.

Un moment mémorable.

lundi 20 juillet 2009

The Reader

de Stephen Daldry, avec Kate Winslet, Ralph Fiennes, David Kross et Bruno Ganz (2h03).

The Reader est l'adaptation d'un roman de Bernhard Schlink ("Le liseur") écrit en 1995. Il raconte l'histoire d'un adolescent qui tombe amoureux d'une femme mûre (il a 15 ans, elle en a 35) dont il ne sait pas grand chose si ce n'est qu'elle s'appelle Hanna, est contrôleur de bus et aime qu'on lui fasse la lecture.
Leur histoire d'amour dure le temps d'un été (1958) avant qu'elle ne disparaisse du jour au lendemain sans laisser de trace. Etudiant en droit, Michael retrouve néanmoins Hanna quelques années plus tard lors du procès retentissant de 6 femmes jugées pour crimes de guerre nazis.
Les sujets sont graves. Le film est subtil, ménageant des zones d'ombre pour mieux nous laisser dans le doute et nous faire réfléchir à la situation.
Comme le jeune Michael devenu adulte, on ne sort pas indemne de cette histoire. Les acteurs y sont pour beaucoup : Kate Winslet tout d'abord qui interprète, toute en subtilité, le rôle d'Hanna Schmitz, à la fois victime et bourreau de son époque. Elle a d'ailleurs obtenu l'Oscar du meilleur rôle féminin pour ce film. Puis David Kross et Ralph Fiennes, interprétant de manière sensible les rôles de Michael Berg jeune et d'âge mûr, troublé physiquement puis intellectuellement par cette femme portant un terrible secret. Enfin, on mentionnera également Bruno Ganz en prof de droit s'interrogeant sur l'humanité des lois et Lena Olin en rescapée des camps, digne et distante.
Un film à voir et à méditer.

Plus d'infos sur ce film